🔍 L’article en bref
  • Les cookies tiers vont disparaître progressivement, notamment sur Chrome en 2024
  • Cette évolution impacte directement le ciblage publicitaire et le suivi des conversions
  • Des alternatives émergent, basées sur la donnée first party et les identifiants anonymes
  • Le marketing digital entre dans une nouvelle ère, plus respectueuse de la vie privée
  • Des ajustements techniques et stratégiques sont nécessaires pour anticiper ce changement

Tu as sans doute déjà entendu parler de la fin des cookies tiers, sans forcément comprendre ce que ça implique concrètement. Ces petits fichiers, omniprésents depuis plus de 20 ans, ont été les piliers du ciblage publicitaire, du suivi de la navigation et de la personnalisation de l’expérience utilisateur. Mais leur ère touche à sa fin.

Et ce n’est pas un petit changement : Chrome, le navigateur le plus utilisé au monde, a commencé à bloquer ces cookies début 2024. Autant dire que toute la mécanique du web marketing est en train d’être réinventée.

Alors, pourquoi cette évolution ? Est-ce la fin du tracking ? Quelles alternatives existent ? Et surtout, comment t’adapter à ce bouleversement sans perdre en performance ? Je t’explique tout, simplement, sans jargon inutile.

cookie tiers et first party

1.1 Cookies web vs cookies tiers : quelle différence ?

Avant de parler de leur disparition, encore faut-il bien comprendre de quoi on parle. Les cookies web sont des petits fichiers texte stockés sur le navigateur d’un utilisateur lorsqu’il visite un site. Leur rôle ? Garder des infos en mémoire : préférences de langue, connexion, paniers, navigation, etc.

Mais tous les cookies ne se valent pas. On distingue principalement :

  • les cookies first party, déposés par le site que tu consultes (par exemple ton site e-commerce),
  • les cookies tiers, générés par des services extérieurs intégrés à ce site (comme Google Ads, Facebook Pixel ou un outil d’analyse).

Autrement dit, les cookies tiers ne viennent pas du site visité directement, mais d’un domaine tiers utilisé pour tracker l’utilisateur à des fins publicitaires ou analytiques.

1.2 L’usage classique des cookies tiers en marketing

Si les cookies tiers ont autant marqué le marketing digital, c’est parce qu’ils ont permis de :

  • Suivre le comportement des visiteurs sur plusieurs sites,
  • Créer des profils utilisateurs basés sur les centres d’intérêt,
  • Diffuser des publicités personnalisées,
  • Mesurer les conversions avec précision,
  • Et bien sûr, faire du retargeting, cette fameuse technique qui te permettait de recibler quelqu’un qui avait visité ton site avec une annonce bien placée.

Selon une étude de Statista, plus de 70 % des annonceurs utilisaient encore activement les cookies tiers en 2023 pour leur ciblage publicitaire. La fin de leur exploitation impose donc une adaptation massive.

2. Pourquoi les cookies tiers disparaissent ?

2.1 Un contexte de pression réglementaire : RGPD, CNIL & co

Tout a vraiment commencé avec le RGPD, entré en application en 2018. Cette réglementation européenne a mis un grand coup de frein aux pratiques de tracking sauvage, en imposant des règles strictes sur la collecte des données personnelles.

La CNIL (et ses équivalents dans d’autres pays) a depuis intensifié ses contrôles, obligeant les sites à obtenir un consentement explicite avant de déposer des cookies non essentiels. Résultat : de plus en plus d’utilisateurs refusent le tracking… et les cookies tiers perdent en efficacité.

2.2 Une volonté des navigateurs de protéger la vie privée

Face à ces évolutions, les géants du web ont dû réagir. Firefox et Safari ont été les premiers à bloquer les cookies tiers par défaut, suivis par Google, qui, malgré ses intérêts publicitaires, a annoncé vouloir suivre cette voie avec Chrome.

Le coup d’envoi est lancé début 2024, avec un déploiement progressif de leur suppression. La logique ? Recentrer le web autour de la privacy by design, c’est-à-dire une navigation respectueuse de la vie privée par défaut.

Le blocage des cookies tiers sur Chrome, qui représente plus de 60 % des parts de marché des navigateurs, va rendre cette disparition bien plus impactante que sur Safari ou Firefox. Le changement devient global.

2.3 Le cas spécifique des cookies tiers sur Chrome

Google a longtemps temporisé, proposant des solutions alternatives comme FLoC puis Topics, sans pour autant brusquer l’écosystème. Mais face aux pressions réglementaires (et peut-être aussi pour redorer son image), la firme a décidé d’aller au bout de sa démarche.

Depuis janvier 2024, Chrome a commencé à restreindre l’accès aux cookies tiers pour 1 % des utilisateurs via sa fonctionnalité “Privacy Sandbox”, avec un objectif de suppression totale courant 2025.

Est-ce que Google, en contrôlant à la fois le navigateur et les outils publicitaires, ne se place pas en arbitre et en juge de la privacy sur le web ? 🤔 La question mérite d’être posée, surtout pour les acteurs plus petits.

3. Ce que ça change pour ton marketing digital

cookies server side

La disparition des cookies tiers, ce n’est pas juste un changement technique. C’est un vrai bouleversement dans la manière dont tu construis ta stratégie d’acquisition, de suivi et d’optimisation. Voici les impacts les plus directs.

3.1 Fin du retargeting traditionnel

Le retargeting basé sur le comportement des internautes sur plusieurs sites ne fonctionne plus de la même façon. Sans cookies tiers, impossible de suivre un utilisateur d’un site à l’autre. Résultat : les campagnes ultra-ciblées que tu lançais sur Facebook Ads ou Google Display deviennent bien moins précises, voire inopérantes dans certains cas.

Certains annonceurs constatent déjà une baisse de 30 à 40 % des taux de conversion sur leurs campagnes retargeting, notamment sur les audiences dites “larges”.

3.2 Suivi des conversions plus complexe

Avec la disparition des cookies tiers, le tracking cross-domain (suivi des actions sur plusieurs domaines ou sites partenaires) devient plus compliqué. Tu risques de perdre en visibilité sur la performance réelle de tes campagnes si tu ne mets pas en place des alternatives (comme des outils serveur à serveur ou des balises first-party).

Et ça ne concerne pas que les grandes marques : même une simple redirection entre ton site vitrine et ton site e-commerce peut poser problème si elle s’appuie sur des cookies tiers.

Est-ce qu’on ne va pas devoir réapprendre à mesurer la performance à travers des indicateurs plus qualitatifs, moins immédiats mais plus fiables ?

3.3 Moins de données pour la personnalisation

Les cookies tiers permettaient aussi de personnaliser l’expérience utilisateur, notamment en fonction de ses centres d’intérêt identifiés ailleurs. Leur suppression réduit drastiquement la quantité de données disponibles… sauf si tu développes ta propre base de données comportementale, via les cookies first party (on y revient juste après).

Donc les marques qui disposent déjà d’un bon CRM ou d’un système de collecte de données first-party prennent une longueur d’avance, car elles ne dépendent plus des régies publicitaires pour comprendre leur audience.

4. Quelles alternatives aux cookies tiers ?

Pas de panique : la fin des cookies tiers ne veut pas dire la fin du marketing digital. De nouvelles approches se dessinent, souvent plus durables et plus respectueuses de la vie privée. Voici les principales.

4.1 Mieux exploiter les cookies first party

Les cookies first party, eux, ne sont pas menacés. Ils sont déposés directement par ton site et permettent de suivre les comportements à l’intérieur de ton propre écosystème.

Avec un bon paramétrage (notamment via Google Tag Manager ou des outils analytics comme Matomo), tu peux :

  • identifier les pages vues,
  • suivre les conversions,
  • reconstituer des parcours visiteurs,
  • segmenter tes utilisateurs pour du marketing automation.

Et tout ça, sans dépendre d’un domaine tiers.

De plus en plus de plateformes proposent des solutions “server-side” pour renforcer la fiabilité des cookies first party et les rendre plus résistants aux blocages des navigateurs.

4.2 Le retour du ciblage contextuel

Le ciblage contextuel, parfois perçu comme “old school”, revient en force. Plutôt que de cibler un utilisateur en fonction de son historique de navigation, on cible le contenu qu’il est en train de consulter.

Par exemple : afficher une publicité pour des baskets sur un article dédié à la course à pied. Simple, mais efficace, surtout quand le contexte est bien maîtrisé.

Et si, au lieu de traquer les utilisateurs à tout prix, on se concentrait à nouveau sur la pertinence du message et le bon moment ?

4.3 Les solutions techniques : FLoC, Topics, identifiants anonymes

Google a tenté d’introduire des alternatives comme FLoC (abandonné depuis), remplacé par le projet Topics API. L’idée ? Regrouper les utilisateurs en centres d’intérêt sans stocker leur historique exact.

En parallèle, des solutions basées sur des identifiants anonymes (comme Unified ID, ID5, etc.) gagnent du terrain. Elles permettent de reconnaître un utilisateur sans le suivre individuellement, en s’appuyant sur des signaux partagés (email hashé, login, etc.).

Mais attention : toutes ces solutions ne sont pas égales face à la réglementation. Et certaines sont déjà dans le viseur des autorités.

Les tests en cours sur la Privacy Sandbox de Google pourraient devenir un standard si le marché les adopte. Mais pour l’instant, rien n’est gravé dans le marbre.

5. Comment t’adapter concrètement ?

La fin des cookies tiers peut paraître anxiogène, mais elle offre surtout une opportunité : celle de remettre à plat tes outils, ta stratégie et ta relation avec tes utilisateurs. Voici comment passer à l’action dès maintenant.

5.1 Repenser ton stack d’outils marketing

De nombreux outils que tu utilises aujourd’hui sont dépendants des cookies tiers (ex : certaines plateformes de DSP, solutions analytics, tracking cross-site). Il est donc temps de :

  • faire un audit de ton stack actuel,
  • identifier les outils qui reposent encore sur ces cookies,
  • tester des alternatives first-party friendly ou basées sur du tracking côté serveur.

Tu peux par exemple passer à des solutions comme Matomo ou Piwik PRO pour ton analytics, ou encore basculer sur des outils de tracking serveur à serveur (comme Facebook CAPI ou Google Server-Side GTM).

Les entreprises qui migrent vers un tracking first party + server-side constatent une remontée plus fiable des conversions, même sur des environnements iOS ou navigateurs bloquants.

5.2 Capitaliser sur ta donnée propriétaire

Ta meilleure arme dans ce nouveau monde, c’est ta first party data : les données que tu récoltes directement auprès de tes utilisateurs (emails, préférences, historique d’achat, comportement sur ton site).

Investir dans ton CRM, ton marketing automation et tes formulaires devient stratégique. L’objectif : enrichir ta base de manière qualitative, tout en respectant les règles de consentement.

5.3 Mettre à jour ton site et ton consentement utilisateur

Un site à jour, c’est aussi un site conforme. Tu dois t’assurer que :

  • ton bandeau cookie respecte bien le RGPD,
  • tu différencies bien les cookies essentiels des autres,
  • l’utilisateur peut accepter, refuser ou personnaliser ses choix facilement.

Pour aller plus loin :

👉 Voir les cookies sur un site web
👉 Pop-up cookie : est-ce obligatoire ?

Enfin, pense à tester régulièrement ta configuration, car la conformité n’est pas un “one-shot” mais un processus continu.

De plus en plus d’entreprises investissent dans des CMP (Consent Management Platforms) comme Axeptio, Didomi ou Cookiebot pour centraliser la gestion du consentement.

Conclusion

La fin des cookies tiers, ce n’est pas un bug du système : c’est une réinitialisation profonde de la manière dont on pense le marketing digital. Oui, tu vas devoir abandonner certaines habitudes, perdre un peu de confort, revoir des automatisations qui fonctionnaient “comme avant”.

Mais c’est aussi une chance. Celle de construire une stratégie plus solide, plus respectueuse, et surtout plus durable.

En tant qu’agence, chez NOOKI, on voit ce virage non pas comme une contrainte, mais comme une occasion d’aider nos clients à reprendre le contrôle sur leurs données, à mieux comprendre leurs utilisateurs, et à construire des relations de confiance.

La clé pour rester performant dans ce nouveau monde ?
👉 Miser sur ta donnée propriétaire, soigner ton écosystème technique, et garder un œil ouvert sur les tendances qui redessinent le web.

Parce qu’au final, ce n’est pas la fin du marketing. C’est juste la fin d’un marketing paresseux 😉

FAQ – Fin des cookies tiers

Qu’est-ce qu’un cookie tiers ? +
Un cookie tiers est un fichier déposé sur ton navigateur par un domaine autre que celui que tu visites. Il est principalement utilisé pour du suivi publicitaire ou analytique inter-sites.
Quelle est la différence entre cookie first party et cookie tiers ? +
Un cookie first party est généré par le site que tu consultes directement (ex : ton propre site web). À l’inverse, un cookie tiers est créé par un service extérieur intégré au site (publicité, analytics, etc.). Le cookie first party est donc plus respectueux de la vie privée et reste autorisé.
Quand Google supprime-t-il les cookies tiers sur Chrome ? +
Google a lancé la suppression des cookies tiers début 2024 pour une fraction des utilisateurs, avec une suppression totale prévue courant 2025.
Pourquoi les cookies tiers sont-ils supprimés ? +
Leur suppression vise à mieux protéger la vie privée des internautes, en réponse aux réglementations comme le RGPD et aux demandes croissantes des utilisateurs en matière de confidentialité.
Comment mesurer les conversions sans cookie tiers ? +
Tu peux utiliser des cookies first party, des solutions de tracking server-side ou des API proposées par les régies (comme Google Consent Mode). Ces méthodes permettent un suivi plus respectueux de la vie privée.
Existe-t-il des alternatives aux cookies tiers pour le ciblage ? +
Oui, comme le ciblage contextuel, les identifiants anonymes (Unified ID, ID5), ou encore des solutions comme la Topics API de Google. L’essentiel est de combiner plusieurs approches basées sur la donnée first party.
Stanislas Weyant

Growth hacker depuis plus de 5 ans, j’accompagne les startups et les petites entreprises dans l’accélération de leur acquisition grâce au SEO et à des campagnes publicitaires ciblées et optimisées.